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Notre histoire

L’histoire de Bazancourt en quelques dates

Les premiers habitants

Depuis le début des années 2000, plusieurs fouilles archéologiques menées à l’occasion de l’extension du pôle agro-industriel et de la création du nouveau lotissement “Les Prés”, ont apporté de précieuses informations sur le passé lointain de Bazancourt.

Les traces les plus anciennes remontent à la période du Néolithique récent (entre – 4000 et – 3000 avant Jésus-Christ). Elles ont été laissées par des groupes humains qui pratiquaient l’agriculture et l’élevage et qui vivaient dans de grandes habitations rectangulaires avec des poteaux de bois.

L’occupation humaine s’est poursuivie tout au long de l’âge du Fer (périodes de Hallstatt et de La Tène), entre – 800 et le 1er siècle avant J.-C., vraisemblablement avec des interruptions plus ou moins longues.

À l’époque gallo-romaine, le territoire de Bazancourt, qui est situé entre les deux grandes voies romaines Reims-Cologne et Reims-Bavai, est traversé par une voie secondaire d’une quarantaine de mètres de large découverte en 2014. Au 4ème siècle après J.-C., comme c’est fréquent à l’époque, un cimetière avec des sarcophages a été implanté le long de la voie. Au même emplacement, un cimetière mérovingien a succédé à ce cimetière antique, entre le 6ème siècle et le début du 8ème siècle.

Jusqu’à présent, les traces anciennes d’une présence humaine ont surtout été retrouvées au sud de la Suippe, alors que le village appelé Bazancourt s’est d’abord développé autour de son église au nord de la rivière.

Photo : fouilles de 2015.

De “Basilicae cortis” à “Bazancourt”

« Basilicae cortis » : c’est sous ce nom que « Bazancourt », apparaît pour la première fois dans un texte en latin écrit vers 942 par Flodoard, l’Histoire de l’église de Reims. « Cortis » ou « curtis » est un mot d’origine germanique qui signifie « domaine rural » et que l’on retrouve dans le “-court” qui termine le nom de nombreuses communes dans le nord de la France.

« Basilicae cortis », c’est le domaine de la basilique. Le domaine de Bazancourt appartenant à l’abbaye Saint-Remi de Reims dont l’église a le statut de basilique, « Basilicae cortis » pouvait sembler logique à Flodoard. En réalité, l’origine du nom est autre. Avant d’appartenir à l’abbaye, Bazancourt était le domaine d’un certain Boson (Boso ou Baso en latin), un personnage dont on ignore tout… sauf qu’il vivait vraisemblablement entre 500 et 700.

Au cours des siècles, le nom de Basilicae cortis s’est transformé, surtout avec l’usage de plus en plus fréquent du français dans les textes. On trouve ainsi successivement : Basencurtis en 1200, Basencourt en 1212, Bazencourt en 1433… Au 18ème siècle, le nom de Bazancourt avec son orthographe actuelle est définitivement fixé, mais on trouve le plus souvent « Bazancourt-sur-Suippe ». Ce nom était sans doute trop long pour être conservé. Il en est de même pour le nom qui désigne les habitants de Bazancourt : ils devraient être les « Bazancourtois », ils sont simplement les « Couriats » et les « Couriates ».

 

Sous la dépendance de l’abbaye Saint-Remi de Reims

Pendant près de mille ans, et jusqu’à la Révolution de 1789, Bazancourt a fait partie de l’immense domaine de l’abbaye Saint-Remi fondée vers 750 autour du tombeau de l’évêque qui avait baptisé Clovis. L’église de Bazancourt dont les parties les plus anciennes remontent au 11ème siècle est d’ailleurs dédiée à saint Remi et c’est l’abbé de Saint-Remi qui donnait son accord pour la nomination de chaque nouveau curé.

Dès 1482, l’abbaye Saint-Remi passe sous le régime de la commende : l’abbé est désormais nommé par le roi de France et il perçoit la moitié des revenus de l’abbaye sans être obligé de résider au milieu des moines. Le dernier abbé commendataire de 1777 à 1790 est l’archevêque de Reims, Alexandre de Talleyrand-Périgord, qui avait aussi en commende l’abbaye de Cercamp en Artois.

Dans le cahier de doléances qu’ils rédigent en mars 1789, les habitants de Bazancourt dénoncent les droits exorbitants de l’abbé de Saint-Remi, « leur seul seigneur », et ils se considèrent ni plus ni moins que comme des « serfs ».

Jusqu’au début du 20ème siècle, l’actuelle place de la Mairie s’appelait la « place de la Prévôté », un souvenir de la présence à Bazancourt d’un prévôt qui administrait le domaine des moines. Le lieu-dit qui a donné son nom en 1996 à la nouvelle « impasse de la Cense » rappelle aussi l’époque où les habitants de Bazancourt devaient payer une redevance (le cens) pour cultiver les terres de l’abbaye Saint-Remi.

 

Carte postale ci-contre : Clocher de l’église Saint-Remi de Bazancourt

 

Une longue tradition textile

Depuis la fin du 16ème siècle, en relation avec la ville de Reims, le travail de la laine se développe dans les villages de la vallée de la Suippe. La production se spécialise rapidement vers des tissus fins appelés « étamines ». Tandis que les femmes et les enfants filent la laine à la main, les étaminiers de Bazancourt tissent surtout des « burats », des étoffes qui, une fois teintes en noir ou en rouge écarlate, sont vendues par les négociants de Reims, jusqu’en Espagne.

Sous le Premier empire, Bazancourt est le premier village de la vallée de la Suippe à entrer dans la révolution industrielle. En 1809, le négociant rémois Pierre Jobert-Lucas associé à l’industriel ardennais Ternaux, construit à l’emplacement d’un ancien moulin à eau sur la Suippe, une filature moderne. C’est là qu’en 1811, est mis au point, pour la première fois en France, par Antoine-Marie Dobo, un procédé de filature mécanique pour la laine peignée.

La filature qui comprend aussi un tissage à partir de 1864 est rachetée en 1890 par la famille Lelarge qui reprend aussi peu après le tissage Hennegrave à Boult-sur-Suippe. Reconstruite après la guerre de 1914-1918, l’usine ne conserve que l’activité de tissage jusqu’à sa fermeture en 1988. Même si à Bazancourt, on parle toujours de « l’usine Lelarge », le tissage avait été repris depuis 1958 par les établissements Dyant, une entreprise de l’Isère.

 

Photo : sortie des usines Lelarge avant 1914

L’arrivée du chemin de fer et la gare

La présence de la filature Lucas Frères intervient vraisemblablement dans la création à Bazancourt d’une station de chemin de fer sur la « ligne des Ardennes » qui doit relier Reims à Charleville-Mézières. La gare est inaugurée le 10 juin 1858. Quatre trains par jour dans les deux sens, s’arrêtent alors à Bazancourt. Jusqu’en 1938, date de la création de la SNCF, la ligne et la gare sont exploitées par une compagnie privée, la Compagnie de l’Est.

À partir de 1872, la « ligne de la Suippe » se greffe sur la ligne Reims-Charleville, d’abord entre Bazancourt à Bétheniville, puis jusqu’à Challerange. Dès 1938, elle est fermée au trafic voyageurs. Elle a été supprimée en 2013.

Le chemin de fer a accéléré le développement économique de Bazancourt qui dispose ainsi du télégraphe, le moyen de communication le plus moderne à l’époque. La présence d’une gare explique l’installation de nouvelles usines : Mitteau (fabrication de paillons pour les bouteilles de champagne) en 1895, Bauche en 1904, la distillerie après 1945 à une époque où les betteraves sont surtout transportées en wagons.

En 1952, la gare est fermée au trafic voyageurs. Il faut attendre le 1er septembre 2008, après une longue lutte menée par une dynamique association (l’APOGERR) et soutenue par les élus locaux pour voir à nouveau des trains de voyageurs s’arrêter en gare de Bazancourt.

 

Photo ci-dessous : locomotive de la compagnie de l’Est. 

 

Bazancourt dans les deux guerres mondiales

1914-1918

Dès le 1er septembre 1914, Bazancourt est occupé par les troupes allemandes. Les habitants qui sont restés dans le village subissent réquisitions et travail forcé. En avril 1917, ils sont évacués dans les Ardennes, première étape avant le retour pour certains en France par la Suisse.

À partir de 1915, et à plusieurs reprises, la gare de Bazancourt est bombardée par les avions français.

Du 6 au 10 octobre 1918, la reprise du village par les troupes françaises donne lieu à de violents combats qui détruisent les usines Lelarge et Bauche ainsi que de nombreuses maisons. Venus de toutes les régions de la France et de son empire colonial, « marsouins » du 21ème Régiment d’Infanterie Coloniale et tirailleurs du 5ème bataillon de tirailleurs sénégalais trouvent la mort par dizaines au cours des « combats de Bazancourt ».

48 noms de soldats et 6 noms de civils morts en 14-18 sont inscrits sur le monument aux morts inauguré en août 1925.

1939-1945

Entre le 10 et le 16 mai 1940, la gare de Bazancourt et l’usine Bauche sont la cible de bombardements allemands qui font plusieurs victimes dans la population civile et parmi les soldats français stationnés dans la commune. La quasi-totalité des habitants prend la route de l’exode, la plupart ne regagne Bazancourt qu’en juillet 1940.

Victimes des persécutions raciales, quatre membres de la famille Silberschmidt-Himmler ont été raflés à Bazancourt et sont morts en déportation.

Le 30 août 1944, après plus de quatre ans d’occupation allemande, c’est la Libération. La population accueille dans la liesse les troupes américaines.

 

Carte postale ci-dessous : “Les destructions en 1918 : vue depuis l’usine Lelarge”

 

 

De la distillerie au complexe agro-industriel

C’est pendant la seconde Guerre Mondiale que se concrétise le projet de quelques agriculteurs de la région de construire à Bazancourt une usine de transformation des betteraves. C’est d’abord une distillerie qui voit le jour sous la forme juridique d’une société anonyme. La première campagne a lieu en 1946-1947. À la distillerie s’ajoute en 1951 une sucrerie dont les débuts industriels sont difficiles. En 1953, les agriculteurs rachètent les actions de la société anonyme pour en faire une coopérative agricole.

Commence alors une aventure industrielle et économique que le « triumvirat » formé par les trois fondateurs Robert Mangeart (Lavannes), Georges Ruinart (Pomacle) et Maurice Prévoteau (Bourgogne) n’aurait sans doute jamais imaginée.

Plus de 20 000 tonnes de betteraves ont été traitées par jour lors de la campagne 2019 alors que la capacité de première usine n’était que de 600 tonnes/jour.

Quant à la coopérative de Bazancourt, après la fusion en 1976 avec la distillerie-coopérative de Bétheniville, elle a donné naissance en 1998 au groupe coopératif Cristal Union en s’alliant avec les sucreries d’Arcis-sur-Aube (Aube) et de Cormeilles-en-Parisis (Loiret) et la distillerie d’Eclaron (Haute-Marne).

Autour de la sucrerie, en trente ans, est né un site agro-industriel qui a transformé le paysage avec la création de nouvelles routes et l’implantation de nouvelles usines : ARD (1989), Chamtor (1992), Futurol (2005)…

 

Illustration : Août 2005 : le Président de la République Jacques Chirac vient poser la première pierre de Futurol.

« Faire de Bazancourt-Pomacle l’équivalent en bioéconomie de Seattle et Toulouse pour l’industrie aéronautique » selon Jean-Marie Chauvet

 

 

L’histoire de Bazancourt en quelques dates

   942 : première mention de  Bazancourt (Basiliicae cortis) dans un document écrit.

   1784 : une grande inondation de la Suippe dévaste le village.

   1811 : premier fil de laine peignée produit mécaniquement en France à la filature de       Bazancourt.

   1832 : grande épidémie de choléra (44 morts en deux mois).

   1858 : ouverture de la gare de Bazancourt.

    1893 : création de la société de tir La Concorde, la plus ancienne des associations           de Bazancourt.

    1904 : l’usine de coffres-forts Bauche s’installe à Bazancourt.

    1906 : le maire de Bazancourt Gustave Haguenin est élu député de la Marne.

    1918 (6-10 octobre) : combats pour la libération de Bazancourt.

    1937 : construction de la salle des fêtes (actuelle salle Michel Prévoteau).

    1952 : 1er grand prix cycliste de Bazancourt.

    1953 : transformation en coopérative de la sucrerie-distillerie créée en 1945.

1966 : création d’un collège à Bazancourt.

1988 : fermeture des tissages Dyant (ex-Lelarge). Fin de l’industrie textile à Bazancourt.

1989 : jumelage avec la ville allemande de Gersheim (Sarre).

1998 : inauguration du nouveau collège du Pré-Bréart (collège Georges Charpak    depuis 2012).

2005 : le Président de la République Jacques Chirac vient à Bazancourt pour la pose  de la première pierre de Futurol.

2008 : après 56 ans d’interruption, des trains de voyageurs s’arrêtent à nouveau en gare de Bazancourt.

2011 : inauguration de L’espace socio-culturel « La Filature »

2013 : la population de Bazancourt dépasse les 2000 habitants.

Les maires de Bazancourt

C’est la Révolution française qui, par la loi du 12 novembre 1789, a créé des municipalités élues dans chaque commune. Le maire est assisté d’un conseil dont le nombre de membres a varié à plusieurs reprises. Il en est de même pour la durée du mandat municipal.

   1792-1799 : Jean-Etienne Dupéry

   1799-1802 : Simon Marie Muiron

    1802-1843 : Jean Baptiste Anne Lécuyé

    1843-1858 : Jean-Baptiste Haguenin

    1858-1871 : Jean-Baptiste Tailliart

    1871-1878 : Antoine Quantinet

    1878-1879 (démission) : Louis Bourbon

    9 novembre 1879 – 17 mai 1925 : Gustave Haguenin

    Petit neveu de Jean-Baptiste Haguenin, il a été également conseiller général du     
    canton de Bourgogne de 1898 à 1913 et député de la Marne de 1906 à 1914.

    17 mai 1925 – 11 avril 1937 (décès) : Emile Gibout

    15 mai 1937 – 26 juillet 1942 (décès) : Georges Gaillot


16 octobre 1942 – 8 novembre 1944
 : Léon Jennesseaux

8 novembre 1944 – 20 mai 1945 : Georges Ledoux

20 mai 1945 – 19 mars 1965 : Georges Ploix

19 mars 1965 – 18 mars 1977 : René Chazot

18 mars 1977 – 18 octobre 1991 (décès) : Michel Prévoteau

Élu conseiller général du canton de Bourgogne en mars 1982, il avait été réélu
en mars 1988.

29 novembre 1991 – 23 mars 2001 : Claudette Blanchard

23 mars 2001- 3 décembre 2001 (démission) : Bernard Prévoteau

3 décembre 2001 -25 juin 2020 : Yannick Kerharo

Depuis le 25 juin 2020 : Anne-Sophie Romagny